Personne ne sait quand surviendra la prochaine crise, ni à quoi elle ressemblera. Mais il existe une question à laquelle on peut répondre dès aujourd'hui : comment mon portefeuille se serait-il comporté lors des crises passées ? C'est ce qu'on appelle un scénario de crise, ou stress test. Ce n'est pas une prévision, c'est une mesure de sensibilité.
Pourquoi regarder les crises passées
Le rendement moyen d'un portefeuille ne dit rien de son pire moment. Or c'est au pire moment que se prennent les mauvaises décisions : vendre au plus bas, par peur, parce qu'on n'avait pas anticipé l'ampleur de la baisse.
Deux chiffres comptent alors, bien plus que la performance moyenne :
- Le repli maximal : la baisse la plus forte, du sommet au creux.
- Le temps de récupération : combien de temps pour revenir au niveau d'avant.
Connaître ces deux ordres de grandeur à l'avance, c'est savoir à quoi s'attendre, pour ne pas être surpris le jour où ça arrive.
Trois crises, trois leçons
Trois crises, trois profils de baisse
Repli maximal d'une exposition actions monde, et temps de récupération.
environ 4 ans pour retrouver son niveau · Une crise systémique, profonde et longue à effacer.
environ 6 mois pour récupérer · Une chute brutale et très rapide, suivie d'un rebond tout aussi vif.
un peu plus d'un an · Année rare : actions ET obligations ont baissé en même temps.
Chaque crise a une signature différente, et teste une faiblesse différente d'un portefeuille :
- 2008, la crise des subprimes. Une crise systémique : baisse profonde et longue à effacer. Elle teste la résistance à un effondrement généralisé des marchés actions.
- 2020, le choc Covid. Une chute brutale et très rapide, suivie d'un rebond tout aussi vif. Elle teste la réaction à un choc soudain, et la tentation d'en sortir au plus mauvais moment.
- 2022, taux et inflation. Une année rare où les actions ET les obligations ont baissé en même temps. Elle teste une hypothèse répandue : celle que les obligations amortissent toujours la baisse des actions. Cette année-là, un portefeuille dit « équilibré » a souffert des deux côtés, faute d'une vraie diversification.
La profondeur compte, mais aussi la durée
Une baisse ne se rattrape pas symétriquement. Après une chute de 50 %, il faut regagner 100 % pour revenir au point de départ ; après 20 %, il suffit de 25 %. La profondeur d'une crise pèse donc de façon non linéaire : plus la baisse est forte, plus le chemin du retour est long.
Et cette durée n'a pas le même poids selon votre horizon. Un temps de récupération de quatre ans reste supportable quand on investit sur vingt ans ; il devient un vrai problème quand on a besoin de son capital dans trois ans. C'est la rencontre entre le comportement du portefeuille et votre propre échéance qui donne le vrai sens du chiffre.
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Créer un compte gratuitUne sensibilité, pas une prophétie
La prochaine crise ne ressemblera à aucune des précédentes. Un scénario de crise ne prédit rien et ne doit pas être lu comme tel. Il donne un ordre de grandeur de ce à quoi votre exposition actuelle est sensible : jusqu'où elle a pu baisser, et combien de temps elle a mis à se relever, sur des épisodes réels. C'est une information de plus pour décider en connaissance de cause, à mettre en regard de votre risque global. Sans vous dire quoi faire.


