« J'ai une dizaine de lignes, je suis bien diversifié. » C'est l'intuition la plus répandue, et l'une des plus trompeuses. La diversification ne se compte pas en nombre de supports. Un portefeuille de dix ETF peut être bien plus concentré qu'il n'y paraît, et un portefeuille de trois lignes bien mieux réparti. Ce qui compte, ce n'est pas combien de lignes vous détenez, mais sur quoi elles reposent vraiment.
La diversification n'est pas un nombre de lignes
Être diversifié, c'est répartir son risque sur des expositions qui ne réagissent pas toutes de la même façon. Cela se joue sur quatre dimensions, rarement regardées ensemble.
- La classe d'actif. Actions, obligations, immobilier, liquidités : un portefeuille cent pour cent actions n'est pas diversifié, même avec cinquante lignes.
- La géographie. Un ETF « Monde » est aujourd'hui investi à environ 70 % aux États-Unis. « International » ne veut pas dire « équilibré » : la répartition géographique et sectorielle réelle se mesure après look-through, pas sur les intitulés.
- Le secteur. La technologie pèse une part considérable des grands indices. Plusieurs fonds « diversifiés » sont en réalité surexposés aux mêmes secteurs.
- La devise. Une large part de vos actifs peut être libellée en dollar sans que vous l'ayez décidé, ce qui ajoute un risque de change invisible.
Le piège du chevauchement
Même en variant les supports, on peut détenir plusieurs fois les mêmes entreprises. C'est le chevauchement : deux ETF distincts partagent souvent leurs plus grosses positions. Une fois les supports agrégés, la diversification apparente fond.
Votre exposition réelle, une fois les deux ETF consolidés
Portefeuille 50 % ETF MSCI World, 50 % ETF S&P 500.
31,0 %
concentrés sur ces 9 entreprises
6,3 %
sur la seule Nvidia
72 %
part des États-Unis dans le MSCI World
- Nvidia6,3 %
- Apple5,7 %
- Alphabet (A+C)5,0 %
- Microsoft3,6 %
- Amazon3,1 %
- Broadcom2,3 %
- Micron Technology1,7 %
- Meta Platforms1,7 %
- Tesla1,6 %
On croyait détenir des milliers d'entreprises ; en réalité, une poignée en concentre une large part. C'est le sujet de fond de l'analyse de chevauchement d'isinlab, qui reconstitue votre exposition réelle, entreprise par entreprise.
La corrélation, ce qui compte vraiment
C'est là qu'intervient la corrélation : la tendance de deux actifs à évoluer ensemble. Deux fonds fortement corrélés se comportent presque comme un seul, en cas de hausse comme de baisse. La vraie diversification consiste à combiner des expositions peu corrélées, pour qu'une baisse sur l'une soit amortie par le reste. C'est une mesure technique, mais c'est elle qui distingue une diversification réelle d'une diversification de façade. Un exemple parlant : élargir un indice monde aux marchés émergents ne change presque rien à la corrélation, alors que l'ajout des petites capitalisations, dans un FTSE Global All Cap, l'abaisse nettement plus.
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Créer un compte gratuitVérifier, plutôt que supposer
La diversification ne se devine pas à l'œil : elle se mesure. Répartition par classe d'actif, par région, par secteur et par devise, chevauchement entre supports, corrélation des lignes entre elles. C'est ce que reconstitue l'analyse de portefeuille d'isinlab à partir de vos supports réels, pour que vous sachiez où vous en êtes, sans supposer. Sans vous dire quoi faire, seulement ce que vous détenez.


